intelligence collective avant tout

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Yvan Chastel prendra la succession de Jean-Loup Chenot à la tête du CEMEF en 2008.

Arrivé au CEMEF en tant que post-doc après une thèse réalisée aux Etats-Unis, il se reconnaît dans la culture CEMEF, la prise prend. Il devient tour à tour chercheur puis responsable du groupe de recherche Métallurgie Structure Rhéologie, connu sous son acronyme MSR. Avant de postuler au poste de Directeur du Centre qu’il sera jusqu’en 2011.

Passage éclair (3 ans) comparé aux trente ans de direction de Jean-Loup Chenot. Yvan Chastel a la “fibre industrielle”. Quand le groupe Renault le contactera lui proposant le pilotage du Département “Materials Engineering”, il ne pourra refuser, malgré son attachement fort au centre.

Voici sa vision du CEMEF :

40 ans : l’âge mûr pour ce Centre, voulu par l’Ecole des Mines de Paris pour former des ingénieurs de haut niveau pour l’industrie, via l’exploration de problématiques de mise en forme des matériaux. Choix judicieux à n’en pas douter. Mais le succès du centre réside dans la transformation de cette mission originelle par les équipes dirigeantes et les enseignants-chercheurs, en la création d’une communauté permettant l’expression d’une intelligence collective. Ce terme, assez galvaudé, n’en est pour autant pas moins vrai, selon moi, quand on décrit la dynamique qui a permis l’émergence du centre comme une référence internationale, un centre d’excellence dans son domaine.

A l’aventure scientifique de la première décennie ont succédé des années de concrétisation de cet esprit.

J’ai rejoint le CEMEF en 1993, alors que les outils de capitalisation informatique et les nouvelles méthodes d’investigation commençaient à atteindre une réalité industrielle. Je venais des US, où j’avais été « reformaté » au contact de chercheurs de spécialités différentes. Je retrouvais au CEMEF un environnement similaire, avec une cohabitation multidisciplinaire, propice à faire émerger des nouveautés.

Son slogan frappait comme une évidence : « Il n’y a pas de matériau sans mise en forme ».


Coup de foudre donc, et passion, toujours renouvelée, qui se transforma en sources riches d’inspiration, en synergie avec mes collègues et étudiants.

L’éco-système CEMEF me tient tout particulièrement à cœur, et je me suis attaché à y contribuer, à le perpétuer et à le développer, de post-doc jusqu’à Directeur : cette intelligence collective induite par le fonctionnement du Centre depuis sa création, et maintenue tout au long de sa croissance, y compris dans des contextes parfois difficiles. Elle s’exerce naturellement lors de la construction créative de projets, qui ne naissent en fait pas ex nihilo, mais résultent de confrontations et d’écoutes bienveillantes, d’idées partagées, d’esquisses thématiques, de comités industriels d’orientation ou de petits comités stratégiques, de séminaires, de soutenances diverses et variées. Ces projets représentent des livrables essentiels et structurants du CEMEF. Ils ont eu comme noms, pour moi, PAMELA, SAFEMETAL, TESTIFY, DIGIMAT, WOODOO, VIF, TOTEM. Et on peut y associer tous les sujets de thèses ou de mastères. Chaque enseignant-chercheur du CEMEF collectionne ainsi ses trophées, conquis par nécessité du fait du fonctionnement Ecole-Armines. Les chaires en sont une expression nouvelle. Leurs porteurs peuvent en tirer fierté, sérénité, une identité de marque certaine, reconnaissance, et prospérité. Ces projets s’avèrent également le gage d’une évolution naturelle, d’une volonté de ne pas se recroqueviller sur ses thèmes et d’une détermination à en résoudre de nouveaux.

Yvan_JLC_2008.jpgCérémonie du passage de relais entre Jean-Loup et Yvan

J’ai appris le discours rassurant et réaliste de notre chef Jean-Loup : 10 tentatives seront parfois nécessaires pour voir notre projet aboutir. Persévérance donc, courage, audace, mais aussi démonstration de leadership !

yvan_id1.jpg Les journées pour fêter l’aube de cette 5ème décennie ont permis de rappeler cet héritage, et à ma grande joie, ont montré à quel point le CEMEF a pu essaimer, formant ainsi un réseau d’acteurs-clefs pour les métiers nouveaux et futurs et les défis industriels.

L’intelligence collective naturelle au CEMEF, et ce réseau constituent de vraies forces, qui pourront, j’en suis certain, lui assurer un avenir radieux.

Yvan CHASTEL, Décembre 2016